Lettre envoyée à une formatrice Profil1

1er PRIX
Voilà que tu es enfin rentrée chez toi, avec le sentiment du devoir accompli, mais aussi, peut-être, une logique inquiétude : Sauront-ils mettre à profit ce que je leur ai appris ?
Cette inquiétude rejoint la nôtre. Privés de coach, saurons-nous le faire ?

Rome ne s’est faite en un jour, alors ils t’ont donné deux jours pour enseigner aux stagiaires comment franchir le Rubicon.
Deux jours, c’est court, mais ces deux jours, tu les as préparés pendant des semaines, et sans doute aussi quelques nuits d’insomnie. Et le jour de la bataille, tu étais prête, les armes étaient aiguisées et la logistique parfaite.

Tu t’es retrouvée face à nous, turbulente et attachante tribu désireuse de bien faire, mais un peu barbare, un peu maladroite. Tu as su parler à notre raison et à notre cœur, mettre des mots sur nos faiblesses et nos atouts, expliquer, enseigner, avec un langage et des silences qui pouvaient nous toucher, les actions à mener.

Veni, vidi, vici. Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu…
Il y eut une osmose, n’est-ce pas ? Ta capacité à nous comprendre, sans nous juger, fut notre première leçon. Tu connais ce vieil adage : Donne du poisson à quelqu’un, tu le nourris pendant un jour, apprends lui à pêcher, tu le nourris toute sa vie.

Lors de ces journées de grand soleil où nous avons forgé nos armes, nous avons beaucoup appris, mais comme nous avons ri aussi ! Comme ce fut agréable et enrichissant, quelle allégresse, quelle joie ce fut d’être ensemble !

Nous n’oublierons pas, ces moments chatoyants et drôles, brûlants de sagesse et d’énergie qui se bousculèrent sous ta houlette de bergère bienfaisante et attentive qui connaissait toutes les pierres du chemin, tous les écueils.

Et quand le maître du temps nous a signalé le dernier départ et que le maître des clés a verrouillé la porte, nous sommes partis à regret, on t’aurait bien gardée, tu sais ! Mais nous sommes partis en emportant cette boite aux trésors que tu nous a donnée, emplie de tes potions magiques et de tes « blancs coton » …

Ah ! Tu nous verrais aujourd’hui, munis du flamboyant plumeau que tu nous a offert, traquer les vilains cactus, extirper de nos phrases les moutons noirs lovés au fond de nos mémoires, enrober nos prises de congé du sésame magique, point final et glorieux d’un entretien réussi « As-tu d’autres questions ? » !

Et nous avons compris qu’il fallait transformer l’enfant rebelle qui veut toujours avoir le dernier mot « C’est toi qui l’a dit, c’est toi qui l’est » en adulte raisonnable qui oublie de brandir son épée, et la maîtresse d’école revêche « Je sais tout et toi tu sais rien » en interlocuteur avisé… Oh ! Bien sûr, il sera difficile de laisser tomber ces défroques, mais maintenant nous savons, et notre but a toujours été l’efficacité.

Tu ne fus pas notre première formatrice, nous en avons eu des formations, avec d’excellents formateurs le plus souvent mais allez savoir pourquoi, c’est bien la première fois que nous avons envie de dire : Madame, avec reconnaissance et émotion, nous vous faisons, à l’unanimité, citoyenne d’honneur de l’équipe hotline.

Avons-nous été assez clairs ? As-tu besoin d’autres précisions ?

Avec admiration, respect et affection,
L’équipe hotline. Mars 2014.


PS : Si la société rechigne à payer ta facture, nous nous cotiserons pour régler ton loyer, mais bon, nous avons malgré tout d’humbles moyens, alors on espère bien qu’ils te payeront rubis sur l’ongle, avec un p’tit bonus en prime !
PS : La prochaine fois, nous le jurons, nous apporterons les croissants dès le premier jour.

 

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